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    Saint-Louis et la vallée du Fleuve

Située au nord ouest du Sénégal, à 270 km de Dakar, la région de Saint-Louis bénéficie d’un environnement physique exceptionnel et diversifié.

Géographie

Baignée par les eaux de l’océan, du fleuve Sénégal et du lac le plus important du pays, le lac de Guiers, la région est dans l’ensemble plate et peu élevée avec quelques dunes vives plantées ça et là mais elle présente des paysages très variés :
  • le delta et ses marges entre Saint-Louis et Dagana, zone très basse à faible pente où de nombreux méandres divaguent alimentant marigots et cuvettes ;
  • la moyenne vallée où le lit du fleuve s’encaisse de plus en plus ;
  • des sols couverts d’une savane clairsemée avec une forte présence d’acacias. Le climat fait alterner une longue saison sèche d’octobre à juillet et un court hivernage. A noter que sur la côte, Saint-Louis et ses environs, les températures sont modérées toute l’année du fait de l’influence adoucissante de l’océan.

Population

La région de Saint-Louis constitue un lieu privilégié de convergence de peuples nombreux et divers : Wolofs, Peuls et Maures dans le Delta, Toucouleurs et Peuls dans la Moyenne Vallée.

En 2001, la population avait été estimée à 914.735 habitants avec un taux de croissance annuel de 2,7%.

Histoire

Plus ancienne zone de peuplement du Sénégal, la région de Saint-Louis a connu une évolution historique mouvementée jalonnée par quelques temps forts que sont :

  • la constitution du puissant royaume du Tékrour au XIème siècle, riche de par son commerce d’esclaves, d’or et de sel, et par lequel l’Islam va pénétrer cette sous-région de l’Afrique Noire ;

  • une longue période de sujétion aux grands empires du Soudan Occidental, Ghana d’abord, Mali ensuite ;

  • l’apparition à partir du XVème siècle de royaumes sénégalais autonomes, Fouta Toro dans la Moyenne Vallée, Walo dans le Delta ;

  • l’établissement des Européens sur la côte au XVIIème siècle, en détournant le commerce transsaharien au profit du trafic atlantique, ouvrant l’ère des « compagnies », de la traite de la gomme, des escales et forts sur le fleuve. Le comptoir installé sur l’île Saint-Louis, en 1659, devient la première place forte européenne en Afrique de l’Ouest, base de départ des expéditions vers l’intérieur du pays, puis entrepôt de la traite. En 1854, Faidherbe, Gouverneur du Sénégal, décide de conquérir la Vallée et de soumettre ses populations. Le projet est fortement contesté par les chefs locaux particulièrement El Hadj Omar qui appelle à la guerre sainte contre les Français. Finalement toutes les résistances et révoltes sont écrasées et à partir de 1890, la « pacification » est quasi complète. Les comptoirs fluviaux deviennent de véritables villes escales protégées par d’imposantes fortifications : Dagana, Podor, Matam. L’arrivée du chemin de fer de Dakar en 1885 marque l’apogée commerciale de la ville de Saint-Louis, lieu privilégié de l’empire colonial français. La création de l’AOF en 1895 fait de Saint-Louis sa capitale jusqu’en 1902.

Principaux sites touristiques

L’île de Saint-Louis, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité : Première capitale de l’Afrique Occidentale Française, l’histoire de Saint-Louis se confond avec celle de la colonisation. Considérée comme la vitrine de la France en Afrique, elle fut érigée commune de plein exercice et jouissait ainsi d’un statut particulier. Aujourd’hui, cette cité magique a hérité d’un patrimoine architectural unique : ses maisons ornées de balcons de bois ouvragé, le palais de la gouvernance dont l’architecture rappelle qu’il fut un fort, la très symbolique place Faidherbe ainsi que le pont métallique du même nom, l’ancien conseil colonial, l’hôtel de ville et la maison des sœurs en sont de parfaites illustrations.

Makhana - « L’usine des eaux » ». La station de pompage des eaux de Makhana, vieille de plus d’un siècle, conserve encore les plus anciennes machines à vapeur d’Afrique. Ces installations, véritables prouesses technologiques à l’époque, avaient pour objectif d’approvisionner Saint-Louis en eau douce tout au long des sept mois que durait la décrue et pendant lesquels l’île ne pouvait disposer que d’eau saumâtre en raison de la remontée de l’eau salée. L’usine de Makhana entra en activité en 1885 et fonctionna pendant 67 ans sans aucune avarie jusqu’à son arrêt définitif en 1952.

Les parcs et les réserves

Le parc national des oiseaux du Djoudj : Situé à 60 kilomètres de Saint-Louis, le Djoudj, première zone humide d’importance au sud du Sahara, s’étend sur 16.000 hectares de lacs, de marigots et de terre. Troisième parc ornithologique du monde et classé patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1981, le Djoudj, accueille jusqu’à 370 espèces d’oiseaux : pélicans, flamants roses, chevaliers combattants, sarcelles, spatules, aigrettes, dendrocygnes, hérons, cigognes, grues, etc. Ainsi, de novembre à avril, plus de 3 millions d’oiseaux migrateurs d’Europe du Nord et de l’Afrique de l’Ouest y sont dénombrés. Une vingtaine d’espèces de mammifères peuple aussi le Djoudj : phacochères, hyènes, singes, gazelles dorcas, crocodiles, varans du Nil, etc.

Le parc national de la Langue de Barbarie et la réserve spéciale de faune de Guembeul : Véritable refuge pour les oiseaux et les tortues de mer, la Langue de Barbarie s’étire de Saint-Louis à l’embouchure du fleuve Sénégal dans un cordon bordé d’immenses plages de sable fin d’une beauté rare. Les principales espèces : des mouettes à tête grise, des goélands railleurs, des sternes caspiennes et royales, des aigrettes et des garzettes, en font un lieu de grande curiosité. A l’embouchure, à quelques kilomètres de l’îlot de reproduction des oiseaux, les eaux du fleuve et de l’océan se muent en un ballet magique. A mi-parcours vers le parc, la réserve de Guembeul présente des gazelles, oryx et tortues terrestres qui sont en élevage pour un repeuplement saharo-sahélien.

La Vallée du fleuve : lieu de rencontre et de métissage, le fleuve Sénégal voit se développer autour de sa vallée des ethnies, des activités, des cultures mais aussi des paysages différents. Des zones agricoles inondables du Walo aux zones d’élevage plutôt sèches du Diéri, se succèdent des villages peuls, wolof et même maures dans toutes leurs spécificités architecturales et culturelles.

Dans la zone Toucouleur (Podor, Matam), les mosquées omariennes, construites en argile dans le style soudanais, remontent au 18ème siècle. Au milieu de ces villages isolés les uns des autres, on découvre d’anciens forts et comptoirs de traite sur les quais de Dagana, Podor, Matam. Une longue tradition agricole est attestée à Richard-Toll (à 110 km de Saint-Louis) où subsistent les restes d’un jardin d’acclimatation de plantes, importées dès 1822 et d’un château à la façade monumentale connu sous le nom de la « Folie du Baron Roger », ancien gouverneur et initiateur du projet.

Principaux produits touristiques

Balnéaire  : Pratiqué sur la Langue de Barbarie

Chasse : Au niveau du Delta

Ecotourisme, nature, découverte

  • Le Djoudj, parc naturel d’intérêt mondial : Il est ouvert de novembre à mai.

  • Le parc national de la Langue de Barbarie et la réserve spéciale de faune de Guembeul : Ils sont ouverts toute l’année et la visite des deux parcs sont d’habitude combinée.

  • La mangrove : Au sud de Saint-Louis, à une quinzaine de kilomètres de l’embouchure du fleuve Sénégal, une balade en pirogue permet de découvrir une formation végétale d’une beauté exceptionnelle : la mangrove. Lieu de reproduction de plusieurs espèces d’oiseaux, de poissons et de crevettes, ces îlots de palétuviers sont d’un grand intérêt écologique. Elle se visite toute l’année.

  • La broussarde : La découverte de la région environnante, le long du fleuve et aux portes du Sahara, amène le voyageur vers des villages de brousse toujours hospitaliers. De Makhana à Rosso Sénégal en passant par le barrage de Diama, cultures et traditions sont au rendez-vous : artisanat local, traditions maures et peules, ancienne usine à vapeur de Makhana, pêche artisanale, ouvrages du barrage, rizières, etc.

  • Le tour du lac de Guiers : C’est une boucle de près de 250 km à parcourir autour d’un paysage essentiellement composé d’acacias et de baobabs où les populations peuls et wolof pratiquent des activités diverses. D’immenses troupeaux de zébus autour de points d’eau rappellent qu’on est dans une des plus grandes zones pastorales du Sénégal. Le marché hebdomadaire du samedi à Keur Momar Sarr présente une affluence de commerçants, de clients, de produits variés et une animation des plus colorées.

Evénementiel

  • Le Festival de Jazz : en mai
  • Les régates : septembre ou octobre
  • 1, 2, 3, Musiques : week-end de la Toussaint
  • Le Fanal : dernière semaine de décembre

Circuits découverte patrimoine

  • Saint-Louis, ville d’art et d’histoire. Des panneaux numérotés de 1 à 31 racontent l’histoire de la ville de Saint-Louis, son architecture et son art de vivre. Le circuit de découverte urbain, qui démarre à partir de la gouvernance, permet notamment de découvrir les maisons et infrastructures de commerce, la mosquée historique et la zone militaire dans la partie Nord de l’Ile. Dans la partie Sud, l’accent est mis sur l’architecture privée (maisons hautes et basses) et les bâtisses d’époque coloniale (conseil, écoles, etc.). Sur le continent, la gare de Saint-Louis, l’Ecole des Otages et le Jardin d’Essai méritent également une visite.
  • Dagana et Richard-Toll, entre Diéri et Walo. Richard-Toll : la “folie” du Baron Roger (panneau n°33) : Cette construction est la résidence édifiée aux abords de Richard-Toll par le Baron Roger, premier Gouverneur civil du Sénégal de 1822 à 1827, dont le nom est lié à la politique de mise en valeur agricole commencée par le Gouverneur Schmaltz. Ce vaste bâtiment à étages construit au milieu d’un parc rappelle par son style certains châteaux (“folies”) du 18ème siècle en Europe. Richard-Toll est avant tout le témoin de l’évolution des pratiques agricoles au Sénégal commencées avec le jardin d’essai de Richard, ancien directeur de l’agriculture, qui a laissé son nom à la ville. Aujourd’hui, la ville vit au rythme de la Compagnie Sucrière Sénégalaise qui, depuis 1967, a multiplié la production de canne à sucre et constitue la principale industrie de la ville.
  • Rosso, ville frontière : La ville de Rosso Sénégal, reliée par un bac à sa jumelle de l’autre rive, Rosso Mauritanie, ouvre la porte sur le désert mauritanien avec son embarcadère où affluent voyageurs et marchands.
  • Dagana, ville escale : le fort et les quais (panneaux n°34 et 35) : L’importance de Dagana en tant qu’escale découlait principalement de sa situation à l’endroit où le fleuve, du fait du resserrement de son lit, facilitait la traversée des caravanes le long de l’axe de transhumance Nord-Sud du lac Rkiz vers le Djolof. Afin d’assurer la protection du commerce sans cesse menacé par les razzias, un fort a été construit à Dagana vers les années 1820. A côté, des maisons de commerce du 19ème siècle, alignées le long du fleuve, donnent un caractère imposant et urbanisé à ce quartier de l’escale.
  • Podor - Le fort et les quais (panneaux n°36 et 37) : Le premier fort de Podor fut créé en 1744 par Pierre Barthélémy David. Occupé par les anglais de 1758 à 1783, il est repris par les français puis abandonné en 1788, en mauvais état. Restauré en 1854 par le Capitaine de génie Faidherbe, futur gouverneur du Sénégal, le fort joua un rôle prépondérant dans l’établissement et le maintien de l’hégémonie française sur le fleuve Sénégal et en pays toucouleur. Un peu plus loin, le quartier de l’escale est constitué d’une enfilade de maisons trapues à deux niveaux faisant face au fleuve avec une double entrée : sur le quai face à la Mauritanie et sur la rue commerçante. En 1859, les maisons de commerce Guillaume Foy, Teisseire, Singer, Maurel, Devès, ..., y étaient installées et pratiquaient essentiellement un commerce de troc dont la pièce maîtresse était la gomme.
  • Ile à Morphil - Le souvenir d’El Hadj Omar (panneaux n°38 à 42) : Issu d’une modeste famille du village d’Alwar dans l’île à Morphil, El Hadj Omar forma un empire qui s’étendait de Tombouctou au Fouta-Djalon. Il opposa une longue résistance à la conquête coloniale avant de disparaître dans les falaises de Déguembéré, au Mali. Non loin de sa maison natale, la mosquée d’Alwar, construite vers la deuxième moitié du 19ème siècle, est considérée comme la plus ancienne du Fouta. De style soudanais, avec des murs faits de briques de terre séchée et recouverts d’un crépis de ce même matériau, c’est la mosquée où venait prier El Hadj Omar, d’où le nom générique de “mosquée omarienne”. D’autres mosquées du même type se trouvent dans les villages environnants de Donaye, Guédé et Mboyo.
  • Médina Ouro-Mahdyou - Le mausolée (panneau n°43) : ce petit édifice, construit en 1926, avec ses bois et ses céramiques d’inspiration arabe, est le mausolée de Cheikh Amadou Mahdyou, défenseur acharné face à la conquête coloniale.


L’Ile à Morphil

Le centre historique de Saint Louis

Le parc du Djoudj

Le pont Faidherbe de Saint-Louis
 

Mis à jour le 5 juillet 2010

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